
Après une chute du nombre d'acheteurs de mai 2008 à septembre 2009, l'immobilier haut de gamme a connu une nette reprise au second semestre 2009, qui s'accélère. Signe de l'attractivité de cette filière, le Crédit Foncier vient de mettre en place une « filière haut de gamme », avec pour ambition d'atteindre 1,2 milliard d'euros de crédits dès 2013.
Le marché du haut de gamme est étroit : environ 5 % du nombre de biens immobiliers échangés, sur un périmètre qui couvre Paris et les communes de sa proche périphérie ouest (montant des transactions supérieur à un million d'euros). Après un flottement à l'automne 2008, la commercialisation s'est bien tenue en 2009. « La clientèle de ce marché est constituée pour l'essentiel d'étrangers, notamment de pays dits "émergents" (Asie, Amérique du Sud), relève Christophe Pinault, directeur général adjoint au Crédit Foncier. Ainsi, en 2009, les biens vendus pour des montants compris entre 1 et 5 millions ont été cédés pour moitié d'entre eux à des étrangers. Au-delà de 5 millions, la part des investisseurs nationaux n'est plus que de 30 %. » Cette analyse n'est pas toujours partagée, en fonction de la région de France concernée. « Aujourd'hui, dans les transactions de 2 à 8 millions, la clientèle est française, assure pour sa part Roger Abécassis, fondateur du réseau Consultants Immobiliers, spécialisé depuis quinze ans sur la région parisienne. Ce sont des financiers, des industriels… »
Un constat fait l'unanimité : le segment est plus résistant que la moyenne, dès lors qu'il s'agit de résidences principales. « De janvier 2009 à mars 2010, j'ai vendu 17 hôtels particuliers, d'une valeur médiane de 4 à 4,5 millions d'euros, avec un pic d'activité en janvier 2010, et j'ai vu peu de clients impactés par la crise, poursuit Roger Abécassis. Il peut exister des problèmes de financement sur la clientèle de biens valorisés 2 à 3 millions, en revanche à partir de 4 millions le financement n'est plus une problématique. »
Côté prix, « les tendances relevées traduisent une stabilisation des prix, voire une légère augmentation, qui succède au repli de l'ordre de 10 % à 15 % survenu du second semestre 2008 à mi-2009 », précise Christophe Pinault. L'essentiel des ventes actées fait ressortir un ratio de l'ordre de 20.000 à 25.000 euros le mètre carré. Les prix progressent aujourd'hui pour les biens supérieurs à 4 millions d'euros. Un phénomène qui pourrait s'assimiler à la quête de valeurs refuges observée actuellement dans l'immobilier d'entreprise haut de gamme de la part des grands capitaux.
Source : Les Echos 15 avril 2010