BONNE ANNÉE … DE TOUS LES DANGERS
LES VOEUX : une tradition à respecter, surtout cette année !
En cette période de début d’année on peut sentir nos proches, ou moins proches, encore plus appliqués que les années précédentes à délivrer des souhaits adaptés à l’air du temps morose et incertain :
- La santé d’abord, car dans un pays qui a des dépenses de santé par habitant les plus élevées du monde, augmentant chaque année plus que le P.I.B, on peut s’attendre à une détérioration de la qualité des soins si on veut enfin combler et maîtriser des déficits abyssaux.
- La réussite ensuite, (on n’ose pas évoquer richesse et prospérité, ce n’est pas politiquement correct!), car dans un des pays les plus riches de la planète (5e puissance économique), il est toujours inquiétant de voir la courbe du chômage repartir à la hausse tandis que ceux qui ont un emploi sont aussi ceux qui travaillent le moins et coûtent le plus en Europe, avec l’effet 35h, congés, RTT, absentéisme (selon une étude COE-Rexecode les salariés français à temps plein travaillent six semaines par an de moins que les allemands).
- Le bonheur à l’abri, bien sûr, car on ne peut concevoir celui-ci que protégé par un toit. Or, nous vivons dans un pays à forte progression démographique qui n’arrive pas à résorber le manque de logements pour répondre aux besoins des sans-logis, des mal-logés, des familles décomposées.
- La paix évidemment, car quand la violence est à nos portes et la guerre un spectacle permanent sur nos écrans plats, on ne peut que ressentir une angoisse diffuse.
2012 : Année de tous les dangers.
On peut tout craindre d’une année d’élection présidentielle en France et pré-électorale aux USA alors qu’une crise financière majeure et durable met en péril l’Euro et la viabilité de certains états de la communauté.
On peut tout craindre car les marchands d’illusion peaufinent leur catalogue de solutions miracles et de promesses qui, comme d’habitude, n’engageront que ceux qui les croient.
Pourtant, tous les responsables politiques et économiques s’accordent globalement sur le diagnostic des causes principales de l’affaiblissement de l’Occident et de la France en particulier: endettement, perte de compétitivité due, en partie, à des prélèvements sociaux excessifs (56% du PIB français, à comparer à 47 % pour l’Allemagne), perspective des coûts de l’énergie à progression géométrique, démographie déclinante (sauf en France), flux financiers mal maîtrisés et pervers, manque de solidarité entre les nations …
Le paradoxe de la « paix mélancolique ».
Oui, il s’agit bien d’un paradoxe que de constater que le sentiment de pessimisme a rarement été aussi fort alors que nous n’avons jamais connu une période de paix entre nations majeures, en particulier européennes, aussi solidement installée et que, malgré tout, le niveau de vie et de protection sociale en France n’a jamais été aussi élevé et continu dans la progression.
« Blood, sweat and tears »
« Du sang, de la sueur et des larmes » voilà ce que promettait Winston Churchill quand on lui demandait son programme pour sortir son pays victorieux de l’agression nazie et contenir le péril communiste, alors que l’Europe était en feu. C’était il n’y a pas si longtemps ! Nous étions au cœur d’une guerre effroyable.
Heureusement, l’Europe a éliminé la guerre entre les nations.
Courage, Réalisme et Humanisme.
C’est, me semble-t-il, ce qui devrait animer nos dirigeants, actuels et futurs, qu’ils soient politiques ou économiques pour faire face aux graves difficultés actuelles et aux enjeux conditionnant le bien être des générations à venir.
Craignons que populisme et démagogie, armes de facilité, ne permettent aux faibles et aux manipulateurs de monopliser le pouvoir !
Et nous dans tout çà ?
Bien sûr, la Corse est concernée par tout ce qui précède mais plutôt que d’énumérer à nouveau les aspects négatifs que nous connaissons, et de faire appel à des potentialités souvent évoquées, rarement exploitées, rappelons quelques facteurs, parmi d’autres, qui devraient apporter un parfum d’optimisme:
- Une démographie en forte progression, devrait pallier petit à petit le handicap d’une faible densité de population..
- Un développement touristique, s’il est bien ciblé et exploité, malgré la crise, permettra d’importer de plus en plus de la valeur directement utilisable.
- En ce qui nous concerne plus particulièrement, une politique forestière se met en place pour exploiter et valoriser intelligemment une richesse locale tout en sauvegardant un patrimoine.
- Le besoin de créer des logements neufs, afin de répondre à une demande insatisfaite, et de réhabiliter des logements anciens pour économiser l’énergie nécessitera des initiatives de relance vigoureuse.
La prise en compte de ces facteurs suppose, bien entendu des choix politiques et budgétaires courageux mais devrait en conséquence rapide favoriser un rebond économique, créateur de richesse et d’emplois.
Plus que jamais, Pace è salute,
Jean-Pierre Mufraggi