Avant de rejoindre l’entreprise familiale, Jean-Pierre Mufraggi a été directeur marketing Europe du groupe Total. Autant dire qu’il connaît les questions d’énergie, et, par voie de conséquence, les questions d’économie d’énergie.
Le diagnostic que Jean-Pierre Mufraggi dresse de la situation énergétique insulaire n’est pas placé sous le signe de la complaisance à l’égard des idées à la mode. Son bilan s’appuie sur des faits : « Directement ou indirectement, assure-t-il, la consommation d’énergie de la Corse dépend à 86% des importations de pétrole. L'hydroélectricité a une part de 6% et les énergies renouvelables de type éolien et photovoltaïque ne représentent encore à ce jour, malgré des investissements lourds, qu’une faible partie des ressources – environ 1,5 %- et à terme, ne peuvent être qu’un faible complément aux énergies d’origine fossile.»
Bien sûr, dit-il il faut promouvoir le développement de toutes les formes acceptables d'énergies propres et renouvelables mais, selon lui, « pour faire face au problème énergétique de l’île, une des actions réalisables à court terme dont l’impact serait significatif dans son ampleur, c’est tout simplement de réduire la consommation d’énergie et en particulier celle liée aux locaux à usage d’habitations et professionnels.
En effet, le chauffage et la climatisation consomment actuellement, et le chiffre est en progression régulière, environ le tiers de l’énergie consommée en Corse. « Déjà en renforçant, en favorisant, voire en imposant les mesures appropriées qui existent, on pourrait faire baisser considérablement ce chiffre dans des délais relativement courts et maîtrisables. Commençons d’abord par une meilleure isolation ! »
C’est d’ailleurs le sens des nouvelles réglementations techniques qui s’imposent peu à peu aux logements neufs (la consommation d’énergie devra diminuer de moitié par rapport à aujourd’hui). Malheureusement, pour les logements anciens, il n’y a pas d’obligation, mais que des encouragements… . « On estime, conclut Jean-Pierre Mufraggi, que des mesures d’économie d’énergie, plus volontaristes, permettraient, sans revenir à l’éclairage à la chandelle, de réduire d’environ 10% la consommation totale d’énergie en Corse (soit 30% de la part chauffage/climatisation), si les principes d’isolation étaient correctement et systématiquement appliqués à l’ensemble du parc. . Ce n’est pas rien ( environ 70.000 de T.E.P) … c’est possible et c'est bon pour la planète ! ».
Pour être plus concret, il faut savoir qu’aujourd’hui, les sociétés spécialisées ont accompli des progrès technologiques considérables dans la fabrication de produits d’isolation. Isover, leader sur ce marché, a créé une laine de verre qui obtient le meilleur rapport épaisseur/performance thermique et acoustique du marché. La société Actis s’inspire des technologies employées dans l’industrie spatiale pour ses isolants minces (toiture, sols, murs, combles, etc.). Placomur également vient de sortir une nouvelle gamme de produits d’isolation « Placomur®Ultra 32 » permettant de faire de considérables économies d’énergie tout en respectant l’environnement (pour 100 m2 de doublage, 3 tonnes d’émissions de CO2 en moins par an !).
Pour Jean-Pierre Mufraggi, les mesures fiscales qui ont été prises au plan national pour aider les propriétaires à mieux isoler leur logement avec la mise en place de l’éco-prêt à taux zéro (+ d’infos sur www.mufraggi.fr et www.developpement-durable.gouv.fr) vont dans le bon sens : «Permettre à tous de réduire les déperditions de chaleur ou de climatisation, c’est diminuer la consommation d’énergie, c’est économiser nos ressources énergétiques et limiter la pollution ; le développement durable commence par là ! ».
Source : Magazine CORSICA Hors-série VERDE
spécial Développement durable • Sept/Oct/Nov. 2009
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